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New EP:

Tears & Laughter

Available on January 10, 2020

Sa palette vocale lui avait valu un beau succès d'estime en 2014 avec Beyond, album multi-groove suffisamment bluffant rien qu'à l'éventail de ses registres. Cinq ans et quelques aléas de vie plus tard, la voici de retour avec toujours ce même nom de scène, "Sans Elle"... Sans Elle mais pas toute seule puisqu'à ses côtés, surprise, c'est Anthony Strong qui l'accompagne sur la pochette d'un E.P. qu'on a hâte de voir se prolonger en album.

"Il a fallu se rencontrer, il a fallu se connaître...", nous dit aujourd'hui la partenaire du fringant British qui a si bien revivifié le style "mainstream" des années 50. Avec lui, Sans Elle l'a d'abord joué en mode groupie, s'amusant à mettre des chœurs sur deux titres de l'un de ses premiers albums, Delovely. Anthony Strong a adoré, et  au fil des rencontres, ils se sont tous deux dit "banco" pour un duo piano-voix tout en intimité. Elle au chant, lui au clavier. 

Enregistré à Londres et dédié pour l'essentiel aux ballades et aux standards, ce Tears & Laughter, comme le suggère son titre, est une ode à la réminiscence et au présent partagé.

Après un Skylark superbement ciselé, Sans Elle glisse une composition personnelle, One Of Your People, à l'unisson de la douceur mélancolique qui imprègne l'EP et du lyrisme retenu insufflé par le jeu de piano d'Anthony Strong. Il y est notamment question d'une autre rencontre londonienne, plus lointaine et aussi intense que soudainement interrompue.

Même cachet d'authenticité sur ce standard trop peu repris qu'est I Cover The Waterfront. Le vibrato feutré de la chanteuse, voilé en certains endroits et surtout sans fioritures, ne se dépare jamais d'un swing impeccable qui sait aussi se déployer sur des versants plus ironiques, à l'instar du trépidant I'm Gonna Sit Right Down and Write Myself A Letter (un amour contrarié, là encore...) concocté au départ par Fats Waller.

Beaucoup de respect, un classicisme au sens le plus noble du terme et une patine vintage au plus près des micros résument le plaisir que l'on prend à l'écoute de cet écrin aussi tendre que velouté. Une pure friandise en constitue la coda, et c'est un régal : Dindi, d'Antonio Carlos Jobim, joyeusement pimenté de tabla indien. Comme un ultime éclat de fête après un pas de deux si caressant.

Laurent Sapir (TSF Jazz)

 
 

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